Aller au contenu principal
Fermer

BCE: Knot et De Cos donnés favoris pour la présidence après le départ de Lagarde
information fournie par Reuters 19/02/2026 à 07:33

Le gouverneur de la Banque d'Espagne, Pablo Hernandez de Cos

Le gouverneur de la Banque d'Espagne, Pablo Hernandez de Cos

par Francesco Canepa

Les anciens gouverneurs des banques centrales espagnole et néerlandaise sont considérés comme les favoris pour remplacer Christine ‌Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne (BCE), probablement dans le cadre d'un accord plus large qui pourrait leur permettre à tous deux d'obtenir un poste important au sein de l'institution.

La présidente de la BCE prévoit de quitter son ​poste avant la fin officielle de son mandat, en amont de l'élection présidentielle en France prévue en 2027, afin de permettre au président Emmanuel Macron d'avoir son mot à dire dans le choix de son successeur, a rapporté mercredi le Financial Times (FT).

Les économistes soulignent qu'un départ anticipé de Christine Lagarde augmenterait les chances que les dirigeants européens parviennent à un accord pour pourvoir les trois postes du directoire de la BCE qui seront vacants l'année prochaine : celui de Christine ​Lagarde elle-même, celui du chef économiste Philip Lane en mai 2027 et celui d'Isabel Schnabel à la fin de 2027.

L'ancien gouverneur néerlandais Klaas Knot et son homologue espagnol Pablo Hernández de Cos sont considérés par les économistes comme les candidats les plus susceptibles d'occuper deux de ces postes, ce qui signifie que ​celui qui n'obtiendra pas le poste le plus élevé pourrait en obtenir un autre.

Tous deux sont vus comme des ⁠banquiers centraux expérimentés, capables de protéger la BCE des pressions politiques — un sujet brûlant depuis les demandes virulentes du président américain Donald Trump à la Réserve fédérale (Fed) — et qui ne devraient pas créer de grandes ‌surprises dans la fixation des taux d'intérêt, qui restent inchangés depuis huit mois.

"Il est certain que ces décisions seront liées entre elles et feront l'objet d'un compromis", souligne Piet Haines Christiansen, stratège en chef chez Danske Bank. "Elles sont proches dans le temps et concernent le même groupe de candidats", a-t-il ajouté.

"FAUCONS" ET "COLOMBES"

En tant que gouverneurs des banques centrales nationales, ils ont tous ​deux fait partie du Conseil des gouverneurs de la BCE chargé de fixer les taux ‌d'intérêt.

Klaas Knot était un "faucon" qui s'opposait souvent à la politique monétaire accommodante de la BCE sous la présidence de Mario Draghi, mais sa position s'est adoucie vers ⁠la fin de son mandat, qui s'est achevé en juin dernier.

Pablo Hernández de Cos, partisan d'une politique accommodante mais capable de changer d'avis lorsque l'inflation a explosé en 2022, a accepté le poste de directeur de la Banque des règlements internationaux (BRI) l'été dernier.

Le récent poste occupé par le banquier espagnol pourrait constituer un avantage pour son collègue néerlandais si le poste de Christine Lagarde venait à être vacant dans un avenir proche.

"Cela pourrait augmenter les chances de Knot, ce ⁠qui serait une bonne chose car il jouit ‌d'une crédibilité et d'une bonne réputation en tant que faucon pragmatique", observe Frederik Ducrozet, responsable de la recherche macroéconomique chez Pictet Wealth Management.

Il ajoute que Pablo Hernández de Cos pourrait paraître "un ⁠peu trop accommodant", en référence à la baisse des taux d'intérêt qui favorise les pays endettés du sud de l'Europe, comme l'Italie et la Grèce, par rapport aux pays moins endettés du nord, comme l'Allemagne et les Pays-Bas.

Andrzej Szczepaniak, économiste ‌de Nomura, fait toutefois remarquer que l'Espagne n'a jamais fourni de président à la BCE, contrairement aux Pays-Bas, et que Bruxelles vient de nommer le banquier central croate Boris Vujcic, un faucon, au poste ⁠de vice-président de la banque centrale, deux facteurs qui pourraient faire pencher la balance en faveur de l'Espagnol.

Le gouverneur de la Banque de France (BdF), François ⁠Villeroy de Galhau, a annoncé la semaine dernière qu'il quitterait ‌son poste en juin, ce qui signifie que le locataire de l'Elysée devra également nommer son successeur avant l'élection présidentielle de 2027.

UN NOM SURPRISE?

Du côté allemand, le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a manifesté son intérêt pour le ​poste, tout comme l'actuelle membre du Conseil de la BCE, Isabel Schnabel, qui pourrait toutefois se heurter à des obstacles juridiques pour ‌rester au sein du directoire, son mandat n'étant pas renouvelable.

La première économie européenne, qui abrite le siège de la BCE à Francfort, n'a jamais occupé la présidence non plus.

Les économistes s'accordent toutefois à dire que tous les candidats sont compétents et qu'ils assureraient la continuité ​d'une institution qui se targue d'être imperméable à la pression des gouvernements lorsqu'elle fixe les taux.

"Tout le monde souhaite que la BCE reste entre des mains stables et que son président jouisse d'une forte crédibilité sur les marchés", note Rebecca Christie, chercheuse du groupe de réflexion Bruegel, ajoutant que "tous les candidats en tête actuellement possèdent ces qualités".

Tous les observateurs soulignent également que les gouvernements de la zone euro, dont le choix doit être ratifié par le Parlement européen, ⁠pourraient également proposer un nom surprise, comme cela a été le cas pour Christine Lagarde elle-même au moment de sa nomination.

Cette nomination s'inscrit par ailleurs dans le cadre d'une transaction plus large qui concerne également le poste de président de la Commission européenne. La dernière fois, ce poste a été attribué à l'Allemande Ursula von der Leyen, ce qui a permis à la France d'obtenir la présidence de la BCE.

Spyros Andreoupoulos, fondateur du cabinet de conseil Thin Ice Macroeconomics, souligne toutefois qu'un départ prématuré de Christine Lagarde pourrait dissocier ces deux postes, étant donné que le mandat d'Ursula von der Leyen à la tête de l'exécutif européen court jusqu'en 2029.

"Il est vraiment trop tôt dans le processus pour avoir des convictions fortes sur l'identité du prochain président", indique la banque néerlandaise ABNnAmro dans une note à ses clients. "Il se peut très bien que la décision soit influencée par des considérations politiques, ce qui ouvre la porte à de ​nouveaux candidats".

(Reportage Francesco Canepa ; version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Les valeurs de la journée sur les marchés américains (Crédit: Scott Beale / Flickr)
    information fournie par Reuters 19.02.2026 12:50 

    (Actualisé avec cours en avant-Bourse, contrats à terme, Etsy, Deere, Carvana) Principales valeurs à suivre jeudi à Wall Street, où les contrats à terme sur les principaux indices suggèrent une ouverture en baisse de 0,30% pour le Dow Jones .DJI , de 0,25% pour ... Lire la suite

  • Le prince Andrew, avant qu'il ne perde son titre, le 25 décembre 2022 à Sandringham, en Angleterre ( AFP / Daniel LEAL )
    information fournie par AFP 19.02.2026 12:47 

    L'ex-prince Andrew a été arrêté et placé en garde à vue jeudi, le jour de son 66e anniversaire, à la suite d'allégations de "faute dans l'exercice de fonctions officielles", liées à l'affaire Epstein, un coup de tonnerre pour la famille royale britannique. C'est ... Lire la suite

  • La haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, le 23 novembre 2025 à Paris ( AFP / Thibaud MORITZ )
    information fournie par AFP 19.02.2026 12:36 

    Le gouvernement a indiqué jeudi qu'il souhaitait clarifier et renforcer sa politique de soutien à la parentalité afin de mieux répondre aux besoins des familles, dans un contexte de chute de la natalité en France. La politique de soutien à la parentalité "a besoin ... Lire la suite

  • Un garde indigène de la communauté Nasa dans le convoi du leader indigène Esneyder Gomez, candidat au Parlement, dans la région de Naya, département du Cauca, en Colombie, le 12 février 2026 ( AFP / Joaquín SARMIENTO )
    information fournie par AFP 19.02.2026 12:21 

    Un SUV blindé dévale à vive allure une route de montagne surveillée par des guérilleros armés. Chaque minute sur ce chemin escarpé représente un danger pour Esneyder Gomez, candidat autochtone aux législatives en Colombie, dans une campagne électorale à haut risque. ... Lire la suite

Pages les plus populaires